Le Sommet de #Ouaga2018

Note  Conceptuelle

Deuxième Sommet de la Ligue Africaine des Web activistes et Blogueurs pour la Démocratie

Thème

« De la Démocratie numérique en Afrique : Quel mécanisme de collaboration entre gouvernement et acteurs de la société civile ? »

 

Lieu : Ouagadougou (Burkina Faso)

Date : 22 au 23 juin 2018

 

Table des matières 

Deuxième Sommet de la Ligue Africaine des Web activistes et Blogueurs pour la Démocratie

Deuxième Sommet de la Ligue Africaine des Web activistes et Blogueurs pour la Démocratie

Contexte

Situation de Départ

Exposé des problèmes

Survols des initiatives citoyennes et projets de démocratie numérique

Le Sommet de Dakar (novembre 2015)

Les acquis du sommet de Dakar

Le programme Afrique Média Cybersécurité

  1. Les initiatives locales en Open Data portées par des Africtivistes après le Sommet de Dakar 2015
  2. Données ouvertes en Afrique : Engagement du réseau AFRICTIVISTES

Le Sommet de Ouagadougou (juin 2018)

Sujets de discussion

Les Objectifs

Objectifs spécifiques

Quelles thématiques pour le Sommet

Les Résultats attendus

Lancement de la Plateforme Data.Africa

DataSchool et DataCamp : Organisation activités et événements pour renforcer la collaboration et les initiatives locales

L’organisateur (AFRICTIVISTES)

Historique du réseau AFRICTIVISTES








  1. Deuxième Sommet de la Ligue Africaine des Web activistes et Blogueurs pour la Démocratie

La rencontre africaine des acteurs de changement a pour but de faciliter la jonction entre les mouvements virtuels et engagés portés par les jeunes à travers l'Afrique afin qu'ils reviennent sur leurs actions, qu'ils examinent les réalisations enregistrées jusqu'ici et définissent les prochaines actions.

 

Africtivistes  souhaite créer pour les jeunes, un espace de partage de stratégies et construire des ponts entre les différents mouvements activistes et ceux qui ont la responsabilité de la gouvernance. Nous souhaitons également promouvoir la solidarité et l'action commune.

 

Cette rencontre permettra la rédaction d'un programme commun sur la manière d'utiliser nos voix au sein de la communauté pour influencer les institutions régionales. Il est important d'harmoniser la vision de la cause africaine des mouvements portés par les jeunes et de combiner les moyens d'action pour la fourniture de solutions appropriées et concrètes aux problèmes qui font obstacle au développement et à l'unité de l'Afrique. Ceci se matérialise à travers l'influence des prises de décisions au niveau régional. 

 

Cette deuxième édition de la messe des web activistes africains s’inscrit aussi dans une démarche de co-construction, de collaboration et de mutualisation entre activistes démocratiques et acteurs politiques. C’est une forme de pont pour absorber le fossé entre le monde de la gouvernance et les citoyens du continent.

 

Après la première édition au Sommet AFRICTIVISTES de Dakar en novembre 2015, les Africtivistes se réunissent en juin 2018 à Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso.

 

Trois journées au cours desquelles, les web activistes, blogueurs et web citoyens du continent se retrouveront autour de sujets tels que :

(i) l'e-engagement et démocratie participative ;

(ii) la démocratie numérique et les nouvelles relations citoyens/politiques ;

(iii) la co-construction ; et

(iv) l’Afrique des civic-tech : les outils des transformation de l’engagement politique.

Un important volet sera consacré à l’apport des données ouvertes pour une meilleure gouvernance.

 

Ouagadougou sera, en l’espace d’une semaine, la capitale de l’engagement civique et de la démocratie numérique. Le choix de la capitale du Burkina Faso s’explique très clairement par le rôle central joué par les web activistes dans les différents événements heureux et parfois malheureux que le pays a traversé ces quatre dernière années. Ouagadougou devait d’ailleurs accueillir le sommet de 2015.

 

Le thème de cette édition Ouagadougou 2018 est : « De la Démocratie numérique en Afrique : Quel mécanisme de collaboration entre gouvernement et acteurs de la société civile ? »

 

La démocratie numérique n'est pas facile à définir, de la même manière que la démocratie en elle-même est un processus inachevé et en perpétuel adaptation.

 

Pour nous la démocratie est définie par un ensemble de pratiques, de structures, d’institutions et d’actions citoyennes. C'est une forme d’organisation impliquant de nombreux éléments - et c'est la somme de ces éléments que nous entendons par démocratie. Dans ce contexte, il n'est pas surprenant qu'il existe de nombreuses définitions de la démocratie numérique.

 

Dans la littérature, il n'y a pas de définition commune de la démocratie numérique. Elle est à cheval entre les notions de citoyenneté, de participation, de transparence, de  responsabilité, de gouvernance, d’e-administration, de société civile, de sphère publique et privé.

 

Pour certains, le terme se réfère à l'utilisation d'outils numériques pour fournir des informations et promouvoir la transparence, pour d'autres, il décrit la manière dont les technologies de l'information et la communication (TIC) peuvent élargir et approfondir la participation citoyenne, tandis que d'autres parlent de l'autonomisation en permettant aux citoyens de prendre des décisions directement à travers des outils en ligne. Nous allons retenir une définition simple de la Démocratie numérique en une phrase : «la pratique de la démocratie par l’utilisation des outils et des technologies numériques».

 

La démocratie numérique vise à donner aux citoyens l'accès à des informations et leur permet d'interagir avec le gouvernement, par exemple les consultations citoyennes en ligne (en juin 2013 est lancé au Sénégal une large concertation citoyenne par la Commission nationale de réforme des institutions. Son objectif est, recueillir « les avis et suggestions sur les changements à apporter à la Constitution ») et la mise à disposition et l’accès aux services administratifs en ligne (la Zambie a dématérialisé le processus de demande de visa avec une application web e-visa accessible sur internet).

 

La démocratie numérique instaure une approche plus participative du rôle des citoyens. Une nouvelle relation entre fonctionnaires du gouvernement et les citoyens sur la façon dont les collectivités sont gouvernées et pour une collaboration sur le suivi et la gestion de l’action publique.

 

En outre, lorsque les gens utilisent le terme, ils le font souvent de différentes manières, en se référant à différents modèles de démocratie - tels que représentatifs, participatifs (délibératif ou collaboratif) ou le modèle de la démocratie directe.

 

À l'exception du groupe des cinq - Maurice, Tunisie, Afrique du Sud, Maroc et Seychelles - tout le reste du continent africain se situe au bas du tableau des pays ayant intégré l'administration électronique. C’est une raison supplémentaire qui justifie la pertinence de ce thème pour cette deuxième édition du Sommet des Africtivistes. Comment pouvons-nous aider nos pays à intégrer le numérique dans les processus démocratiques ? Comment associer ouverture, accessibilité, transparence par les biais des technologies numériques ? Quel mécanisme d’interpellation et d’alerte pour les citoyens ? Comment créer un cadre d’échange entre gouvernés et gouvernants ?

 

Plus récemment, le nouveau concept de «gouvernement ouvert» a créé de nouvelles façons d’interagir entre les citoyens et les gouvernements. Cela a permis d’obtenir de meilleurs résultats par le biais de l’accès à l’information, de la transparence et l'accès aux données institutionnelles.

 

L’amélioration des services publics par la Démocratie numérique permet de renforcer l’efficience et l’efficacité de l’administration et de réduire considérablement les frais de gestion et de service. L’intégration des TICs dans les processus administratif produit un impact direct sur une démocratie plus effective et plus participative.

 

Nous sommes conscient que plus le citoyen est fort de son rôle et de ses droits, plus la démocratie se consolide. Le continent Africain a besoin d’une population responsable, mature et consciente de leur responsabilité de citoyen.

 

Le Sommet de Ouagadougou 2018 sera l’occasion de revenir sur les différentes expériences d’engagement citoyen et sur les solutions numériques pour accompagner nos pays dans la construction et la consolidation de la démocratie. Il sera aussi l’occasion pour créer un cadre d’échange et de dialogue afin d’inciter les autorités à prêter attention aux activistes mais aussi aux citoyens d’adopter ce concept d’activisme responsable. Avec près de 200 participants acteurs de la société civile, membres d’Organisations Non-Gouvernementales, acteurs politiques et membres de gouvernement, Ouagadougou 2018 offrira un cadre de discussion, d’échange et de proposition pour atteindre certains objectifs d’Africtivistes.

 

Durant le premier jour, il s'agira de poser le contexte du Sommet en donnant la parole aux différents acteurs identifiés pour faire le point sur la Démocratie numérique en Afrique : mythe, ambition inavouée et crainte d’une prise de pouvoir citoyenne. Dans un deuxième temps, la parole sera donnée aux acteurs politiques pour aborder la question des nouvelles forme de collaboration avec les citoyens.

 

Le deuxième jour sera consacré aux travaux et ateliers. Des sessions sur la démocratie, la lutte contre corruption et l’e-activisme, sur l’importance de l’ouverture et de réutilisation des données publiques, sur l’importance d’un cadre juridique garantissant l’accès à l’information, le contrôle citoyen de l’action publique, sur le rôle et l’implication des institutions régionales et sous-régionales.

 

Le troisième jour de cette rencontre sera l'occasion de restituer les différents travaux de groupe durant les ateliers. Étant donné que 2016 et 2017 sont des années importantes dans le cadre des problèmes auxquels se heurte la jeunesse au niveau continental, un Manifeste de la jeunesse unie sera publié au sortir du Sommet. Ce Manifeste 1) présentera des plans d'action pour répondre aux inquiétudes de la jeunesse, 2) exhortera les gouvernements à s'engager à respecter les libertés établies, 3) mettra l'accent sur le rôle et l'importance de la jeunesse ainsi que de tous les citoyens dans le processus démocratique pour une participation citoyenne.  

 

  1. Contexte

Au cours des quinze dernières années, de nouvelles formes de mouvements civiques portés par les jeunes ont émergé à travers le continent africain. Le facteur majeur est le désir des nouvelles générations de protéger les acquis constitutionnels, les libertés et droits individuels, contribuer à un développement durable basé sur les besoins de leurs communautés et lutter contre la corruption. Ces générations ont soif d'autres modèles possibles en matière de politique et de gouvernance.

 

La réaction des autorités face aux jeunes qui s'organisent à travers le continent a souvent été la violence et la répression soutenues par l'Etat. Outre la répression des autorités, les jeunes ne bénéficient pas nécessairement de l'appui total de la société civile traditionnelle. Malgré la stipulation de la Charte africaine de la jeunesse selon laquelle «tout jeune a le droit de rechercher, de recevoir et de diffuser des informations et des idées de tout genre, soit oralement, par écrit, sous forme d’imprimé, à travers l’art ou par voie de presse, sous réserve des restrictions prévues par la loi», la Commission de l'Union africaine reste silencieuse face aux représailles des États contre les mouvements de jeunesse en Afrique.

L'espace civique se rétrécit de manière continue. La société civile traditionnelle semble incapable de s'adapter aux nouvelles stratégies des gouvernements appliquées pour faire taire les voix dissidentes, échapper à l'examen public ou contourner la Constitution pour se maintenir au pouvoir. Les mouvements de la jeunesse aujourd'hui sont la réponse à la lacune créée par l'absence de la société civile dans certains débats sur la démocratie et la gouvernance. Les dynamiques ont changé. Les mouvements des jeunes sont à présent des chiens de garde. Ils surveillent, critiquent et proposent, parfois, des solutions à travers des messages plus accessibles pour les masses. L'utilisation de la technologie est devenue populaire. Elle permet à ces mouvements d'atteindre les autres. Ils appliquent des approches différentes aux Constitutions des pays. Ils font valoir leur liberté, notamment la liberté de protester de manière pacifique, la liberté d'expression et la liberté de réunion.

La citoyenneté augmentée a donné naissance à un nouveau type de citoyens actifs et proactifs. Ces citoyens activés deviennent souvent des participants actifs au-delà des élections. Certains sont impliqués dans le développement de leur pays et résolvent des problèmes auxquels se heurtent les jeunes de leurs communautés.

 

Ce vent de participation citoyenne au suivi et à l’élaboration des politiques publiques souffle en ce moment dans tous les pays africains. Pour répondre à la nécessité d'une plateforme promouvant le respect des droits des citoyens ainsi que la restauration et le maintien de la démocratie dans les pays d'Afrique, la Ligue des cyber activistes pour la démocratie (Africtivistes) a été lancée en novembre 2015.  L'organisation rassemble des Africains engagés d'Afrique et de la diaspora pour faire face aux défis liés à la démocratisation, à la gouvernance et aux libertés sur le continent africain. L'objectif est de servir d'intermédiaire à travers différents représentants de pays et des organisations de la jeunesse partenaires travaillant sur les questions de démocratie. L'idée est d'offrir un cadre de communication pour tous aux niveaux national et continental et dans la diaspora.

L'Union africaine a déclaré 2018, l'année de lutte contre la corruption sous le thème “Gagner la lutte contre la corruption: un chemin durable vers la transformation de l'Afrique”. Cette convocation sera une opportunité pour les mouvements portés par les jeunes de s’exprimer sur la transparence et la lutte contre la corruption, d'exprimer leurs inquiétudes à propos du manque de considération de l'opinion de la jeunesse, tout en proposant des voies pour faire face à ce fléau par le biais de la démocratie digitale. En 2017, l’Union africaine  soulignait qu’il fallait investir dans la jeunesse pour son autonomisation accélérée afin de tirer pleinement profit du dividende démographique. L’année d’avant, en 2016, l’Union africaine parlait des droits humains. Tous ces différents thèmes sont étroitement  liés et aucun ne peut être réalisé sans l’autre.

 

La lutte contre la corruption en Afrique passe primordialement par le respect des droits des citoyens à bénéficier d’une gouvernance vertueuse, qui passe par davantage de transparence, de redevabilité dans la gestion des deniers publics et la reddition régulière des comptes auprès des institutions appropriées. Ceci permettra aux Etats africains de prévenir la déperdition des ressources. Et ces ressources pourront être réinvesties dans des politiques et programmes qui les aideront à réaliser le dividende démographique vers lequel ils aspirent tant.


Le Sommet est donc une opportunité pour les mouvements portés par la jeunesse de participer activement au développement de leur pays grâce à une activité qui ne se limite pas au vote durant les périodes électorales.  

    1. Situation de Départ

 

Après l’enthousiasme des indépendances, l'ère de la guerre froide et son patchwork de partis uniques et de régimes autoritaires vivant au rythme des putsches successifs, l’Afrique est entrée dans le pluralisme démocratique.

 

L’évolution ne se fait pas sans heurts et les périodes électorales sont souvent l’occasion de brusques montées de tension. Par ailleurs, les chefs d’Etat ne parviennent pas toujours à résister à la tentation de manipuler la constitution de manière à pouvoir s’éterniser au pouvoir.

 

Deux exemples suffisent à illustrer cette situation:

  • 3 248 morts durant la crise postélectorale en Côte d’Ivoire en 2010;
  • 44 morts et 625 blessés font le bilan des deux journées d’insurrection 30 et 31 octobre 2014 précipitant la chute du président Blaise Compaoré au pouvoir depuis 27 ans.

 

Dans des pays où les jeunes de moins de 25 ans constituent près de 50% de la population et incarnent l’avenir des pays africains, les pouvoirs publics tentent d’assurer la transition démocratique et doivent relever les défis du développement humain et économique.

 

Dans un monde de plus en plus connecté, l’Afrique est entrée, elle aussi, dans la société de l’information, de la « relation » et de la conversation. Pour la jeune génération, les réseaux sociaux, les médias en ligne et les applications numériques sont devenus des moyens de communication et d’action citoyenne.

 

La généralisation de l’accès à internet (principalement mobile) est en train de transformer les relations entre les Africains et leurs administrations publiques. La technologie change les sociétés dans leur mode de fonctionnement et dans la circulation de la parole dans les espaces privés et publics. Elle change donc nécessairement la façon de faire de la politique et de gouverner. Les relations entre le pouvoir et les citoyens évoluent.

 

“L’internet citoyen” a connu plusieurs phases dans son développement au cours des 10 dernières années en Afrique subsaharienne.

 

Ce contexte particulier constitue une opportunité historique de faire de la jeunesse une solution aux défis des pays du continent et pas un problème supplémentaire. Dans le sillage du mouvement “open data” et “open gov”, les “civic tech” se profilent comme une occasion de renouveler le dialogue au sein des société et de retisser des liens qui se délitent sur fond de méfiance réciproque entre citoyens et politiques, entre administration et organisations de la société civile.

 

La recherche d’une plus grande fluidité dans les échanges, d’une plus grande participation dans la prise de décision, d’une plus grande collaboration dans l’élaboration des règles communes, sont en phase avec les impératifs du développement économique. C’est donc la mise en place d’un cercle vertueux qui est recherché pour faire une place à la jeunesse dans la prise de décision et l’invention du futur tout en mettant en place les conditions d’un développement économique qui permettra à cette jeunesse de sortir des affres du chômage qui génère colère et frustration.

 

D’ores et déjà, plusieurs pays ont fait la démonstration de ce que la conjonction d’une jeunesse mobilisée et d’une utilisation avisée des outils numériques pouvaient accomplir:

 

  • En 2008, pendant la crise post-électorale, de jeunes Kenyans ont créé l’application web Ushahidi qui aura permis aux populations habitant près des zones de conflit de visualiser les « lieux dangereux ». L’application est utilisée depuis partout dans le monde.
  • De 2010 à 2011, les Tunisiens ont connu une révolution sans précédent dans leur histoire politique. Elle a été portée par la jeunesse et a abouti au départ du président de la République de Tunisie, Zine el-Abidine Ben Ali, en poste depuis 1987.
  • En 2010, les Ivoiriens ont lancé les hashtags #CIV2010 et #CIVSOCIAL qui correspondent à deux initiatives citoyennes lancées par des jeunes pour répondre aux enjeux de la période électorale mais aussi faire face à la crise qui en a découlé après la proclamation des résultats.
  • En 2012, les blogueurs sénégalais ont assuré pour la première fois une couverture électorale avec un nouveau système de monitoring et d’observation (SUNU2012) s’appuyant sur le digital et empêchant ainsi la fraude et dans une moindre mesure une crise électorale.
  • En 2012, de jeunes Ghanéens lancèrent GhanaDecides qui constitue une réponse à la participation citoyenne aux processus électoraux.



De 2012 à 2015, l’Afrique a donc connu plusieurs autres initiatives citoyennes : Vote229 au Bénin, Guinéevote en Guinée, Mackymètre au Sénégal, Buharimeter au Nigéria, Présimètre au Burkina Faso, Talonmètre au Benin et récemment Africtivistes  (ligue africaine des web activistes pour la démocratie) sur le plan continental.

 

Toutes ces initiatives s’articulent autour des mêmes mots-cléfs : jeunesse, engagement, citoyenneté, outils numériques, bonne gouvernance, démocratie participative et redevabilité. Les jeunes ont donc un rôle crucial à jouer en matière de changement social, non seulement dans le futur, en tant qu’adultes, mais aussi plus immédiatement en tant que citoyens actifs, en élaborant, mettant en œuvre ou contribuant à des actions individuelles ou collectives.

 

La réussite dans ce domaine dépend notamment de la formation et des compétences dont disposent les jeunes acteurs citoyens. Le succès dépend aussi de la capacité à s’entourer au niveau local et à l’échelle sous-régionale ou internationale de manière à agir avec le maximum d’efficacité pour un impact durable. C’est à ces enjeux qu’entend répondre ce programme.

    1. Exposé des problèmes

Dans ce contexte, il apparaît nécessaire de contribuer au développement en Afrique du secteur émergent des “civic tech” que l’on peut définir comme l’usage de la technologie dans le but de renforcer le lien démocratique entre les citoyens et le gouvernement. Cela englobe toute technologie permettant d’accroître le pouvoir des citoyens sur la vie politique (au sens étymologique de la vie de la cité), ou de rendre le gouvernement plus accessible, efficient et efficace.

 

Ces précurseurs n’appartiennent pas à un secteur d’activité en particulier. Ils peuvent être journalistes, ingénieurs, architectes, développeurs web, géographes, activistes, spécialistes du marketing, etc. De manière générale, ils bénéficient d’une formation initiale de bon niveau et ont développé par eux-mêmes leurs compétences numériques de base. Ces jeunes témoignent d’une volonté d’engagement dans la vie publique que ce soit au niveau local ou national. Pour eux, cet engagement ne passe pas par l’affiliation aux partis politiques traditionnels, envers lesquels ils manifestent plutôt de la défiance, mais plutôt par de l’action directe et limitée dans l’espace et dans le temps dont les effets sont immédiatement mesurables.

 

Ces jeunes citoyens engagés disposent aujourd’hui d’outils numériques accessibles et d’un potentiel sans précédent pour mobiliser les communautés qu’ils ciblent. Ils sont néanmoins confrontés à des obstacles multiples:

  • manque de formation aux méthodes de gestion de projet qui empêche la concrétisation de bonnes idées et occasionne un gaspillage de l’énergie mobilisée par ces jeunes;
  • manque d’écoute et d’attention de la part de l’administration et des pouvoirs publics alors que des coopérations mutuellement fructueuses pourraient se mettre en place;
  • difficulté d’accès aux données publiques;
  • absence d'intérêt de la part des médias locaux;
  • pénurie de moyens techniques et financiers pour développer leurs idées.

 

    1. Survols des initiatives citoyennes et projets de démocratie numérique

  • En mars 2015 en République démocratique du Congo (RDC), les autorités ont fait irruption lors d'une conférence de presse tenue pour le lancement d'une initiative conjointe — Filimbi qui comprend la Lutte pour le changement (LUCHA) — visant l'éducation des jeunes sur les processus démocratiques et de gouvernance. Nombre des activistes présents ont été arrêtés, et la majorité d'entre eux ont été relâchés les jours suivants. Fred Bauma et Yves Makwambala ont été libérés en fin août 2016. Ils avaient été détenus pendant plus d’un an en attente de leur procès. Ils attendent l'issue de leur procès.

 

  • La LUCHA s'est soulevée contre les retards enregistrés dans l'organisation des élections de 2016 et a appelé au respect de la limite des mandats présidentiels prescrite par la Constitution. Ces activités ont renforcé la répression de l'État contre le mouvement. Les activistes de la LUCHA sont systématiquement arrêtés lorsqu'ils organisent des protestations publiques pacifiques.  

 

  • Depuis février 2016, au moins 9 membres de ce mouvement ont été emprisonnés en RDC. Six d'entre eux ont bénéficié d'une grâce présidentielle un mois avant la fin de leur peine qui a été réduite à six mois de prison. La LUCHA a été créée en 2012 pour aborder les défis sociaux auxquels faisaient face les résidents de la ville de Goma, capitale du Nord Kivu. Le mouvement a graduellement attiré l'attention aux niveaux local, national, régional et international grâce au courage dont les membres ont fait preuve lors des protestations pacifiques pour l'accès pour tous à l'eau potable dans la ville de Goma. Il a fait appel aux forces des Nations unies et à l'armée de RDC pour la garantie de la protection des civils à Beni, dans le Nord Kivu.

 

  • Y'en A Marre a été créé au Sénégal en 2011 pour protester contre les politiques inefficaces du Président Abdoulaye Wade qui n'ont pas réussi à réduire le taux de chômage des jeunes, la corruption et les coupures électriques fréquentes. La protestation s'est étendue au non-respect des promesses électorales du Président et sa volonté de briguer un troisième mandat. Le groupe a pris une position audacieuse. Il a organisé des réunions au niveau de la communauté et des conférences de presse durant lesquelles il appelait à voter contre le Président Wade lors des élections de 2012. Y'en A Marre s'est depuis lors établi comme une voix qui compte et qui fait entendre les inquiétudes et les critiques du peuple en ce qui concerne les politiques inefficaces du gouvernement. 

 

  • Créé en 2013, Le Balai citoyen a commencé à mobiliser la population au niveau local pour inculquer un comportement citoyen responsable à travers des sessions de nettoyage et de sensibilisation. Ces actions ont participé au renforcement de l'engagement civique. En 2015, ils sont sortis dans les rues pour manifester le ras le bol du peuple Burkinabè face à la volonté du Président Blaise Compaoré de se maintenir au pouvoir au-delà de la limite du nombre de mandats prescrite par la Constitution. La pression exercée a conduit le Président à la démission. 

 

  • En Éthiopie en 2012, de jeunes blogueurs ont créé la plateforme Zone 9 pour exprimer leur frustration face aux mesures répressives du gouvernement contre la presse indépendante et l'espace civique.

 

  • En Angola, 17 jeunes activistes pro-démocratie ont été condamnés pour avoir questionné les politiques du gouvernement en matière de corruption et exprimé leur espoir pour une gouvernance alternative du pays.

 

  • En Afrique du Nord, les mouvements du Printemps arabe ont été créés et dirigés par des jeunes épris de justice et du respect des droits humains dans leur pays respectif. Le régime de Hosni Mubarak en Égypte et celui de Ben Ali en Tunisie ont été renversé grâce à la pression exercée par la jeunesse réclamant les libertés individuelles et la démocratie. 

 

  1. Le Sommet de Dakar (novembre 2015)

Summit of the Pan-African Cyber-Activists for Democracy - 26 - 28 november 2015, Dakar (Senegal)

©Photo : Pamphile Oudiane - Amath Niane

 

Du 27 au 28 novembre 2015, un sommet a été organisé à Dakar, Sénégal, pour le lancement officiel d’AFRICTIVISTES. Ce sommet fondateur a été placé sous le thème : L'Afrique d'une jeunesse engagée et déterminée à garantir et à construire la démocratie.

 

Quels ont été les objectifs de la rencontre ?

Les objectifs clés de cette rencontre se résument comme suit :

  • Renforcement des capacités des jeunes à prendre le leadership ;
  • Participation active dans les grands événements de démocratisation notamment le processus électoral ;
  • Harmonisation de la compréhension de l’organisation ;
  • Définition d'un plan d’action avec des grandes lignes communes (parce qu’elles peuvent varier d’un pays un autre).

La rencontre a regroupé 150 activistes venus de 35 pays différents. Elle a permis de donner une dimension continentale au leadership et à la participation active des jeunes. Ces deux jours ont servi à expliquer le contexte et l’objectif des Africtivistes, d’harmoniser les formats pour les campagnes africitivistes afin de communiquer efficacement des messages démocratiques clairs au nom de la jeunesse. Un accent particulier a été mis sur le rôle et l'importance de la jeunesse et de tout citoyen dans le processus de démocratisation pour une citoyenneté participative dans une perspective continentale.

 

En outre, il les participants ont été formés à l’utilisation des outils clé pour sécuriser leur personne et leurs échanges en ligne. Aujourd’hui, Africtivistes est un réseau panafricain. Il est présent dans 40 pays du continent et compte à ce jour 200 membres.

 

Nos valeurs en tant qu’AFRICTIVISTES

 

Les Africtivistes sont unis par des valeurs suivantes :

  • Nous nous engageons‎ à mener toutes nos activités dans le cadre légal.
  • Nous nous engageons pour le respect de la démocratie dans nos pays et en Afrique à travers une citoyenneté participative.
  • Nous renouvelons notre engagement pour une politique citoyenne non partisane.
  • Nous nous engageons à garantir des processus électoraux et démocratiques.
  • Nous nous engageons à accompagner les mouvements et initiatives de démocratie participative.
  • Nous réaffirmons notre engagement à promouvoir la bonne gouvernance, à renforcer la solidarité africaine et à défendre les droits humains.

 

    1. Les acquis du sommet de Dakar

Le programme Afrique Média Cybersécurité

AFRIQUE MÉDIA CYBERSÉCURITÉ est un programme de formation théorique et pratique en sécurité internet, dédié à notre feue amie Anna Gueye. Ce programme est destiné aux journalistes professionnels et aux acteurs des médias de la société civile (blogueurs, journalistes citoyens, cyberactivistes …) de 10 pays de la sous-région ouest-africaine.


Le programme va former 500 professionnels des médias et acteurs de la société civile sur la cybersécurité.


Quels sont les objectifs ?
Le but des séminaires de formation est d’outiller en sécurité informatique les journalistes, activistes du web et utilisateurs des médias sociaux à l’utilisation des technologies adaptées pour contourner la censure. À terme les bénéficiaires auront les outils et les connaissances dont ils ont besoin pour travailler en toute sécurité, communiquer de façon sereine, pallier les risques d’infiltration et de piratage, contourner la censure sur Internet, ainsi que les technologies de surveillance.


Après les séminaires, les 500 participants seront intégrés dans la communauté en ligne du projet AFRIQUE MEDIA CYBERSÉCURITÉ (communauté de partage de bonnes pratiques et d’entre-aide entre acteurs des médias francophone et anglophone en Afrique de l’Ouest) et recevront des mises à jour régulières des technologies contre la censure avec lesquelles ils auront été familiarisés lors des formations.

Combien de sessions jusqu'à présent ?
Le programme est lancé en juillet 2017. Il se déroule du 17 juillet 2017 au 17 avril 2018. La session de la Guinée qui marque le démarrage de ce programme s’est tenue la semaine du 17 au 22 juillet 2017. Elle regroupe 50 personnes toutes motivées sélectionnées après un appel à candidature qui a enregistré 118 candidatures. Après la Guinée, le programme s’est déplacé en Mauritanie, au Sénégal, au Niger et en Gambie. En janvier 2018, il est arrivé au Burkina Faso pour former 25 acteurs des médias de la société civile et 25 journalistes professionnels.

Combien de participants jusqu'à présent ?
La première phase déployée dans les 6 pays (Guinée, Sénégal, Mauritanie, Gambie, Niger, Burkina Faso) a permis de former plus de 250 personnes. Il faut noter que nous rencontrons dans chaque pays beaucoup de personnes qui souhaitent bénéficier du programme. Nous sommes très souvent obligé de procéder par une sélection après la candidature. Cela témoigne du grand intérêt que ce programme suscite.

Pour cette première édition, au total, 10 sessions de séminaires de formation (théorique et pratique) sont organisées à raison de 50 participants par session. Chaque session est composée de 2 groupes de 25 personnes. Une session dure 6 jours de formation.

Les sessions seront organisées dans les pays francophones de l’Afrique de l’Ouest et en Gambie :
1. Senegal
2. Bénin
3. Côte d’Ivoire
4. Guinée
5. Togo
6. Mali
7. Mauritanie
8. Niger
9. Burkina Faso
10. Gambie

et la Guinée Bissau.

 

B. Les initiatives locales en Open Data portées par des Africtivistes après le Sommet de Dakar 2015

 

Guinée: l’Association des Blogueurs de Guinée (ABLOGUI) a développé la plateforme LAHIDI en collectant les promesses électorales pour en faire un outil de suivi et d’évaluation du niveau de mise en oeuvre des programmes de gouvernance des Présidents de la République et des gouvernements.

Le réseau s’est ensuite engagé dans l’accompagnement du gouvernement guinéen et de la société civile pour l’adhésion du pays et l’atteinte des objectifs du Partenariat pour un Gouvernement Ouvert. Il prévoit également plusieurs autres activités de renforcement de capacité des acteurs de la société civile dans la littérature des données.

Fodé Sanikayi Kouyaté, le président de l’ABLOGUI, est bénéficiaire du projet Open Data Médias 1 et 2 de CFI qui vise à former un réseau de data activistes africains.

 

Bénin: Le Président de l’Association des Blogueurs du Bénin et Africtivistes Maurice Thantane est data journaliste et bénéficiaire du projet Open Data Médias de CFI.

 

Sénégal: La communauté Open Knowledge Sénégal par son projet «Sénégal Ouvert» est l’une des premières initiatives sénégalaises dans le domaine de l’ouverture des données. Son coordonnateur Mamadou Diagne, acteur de l’écosystème sénégalais et membre du Réseau AFRICTIVISTES, est dans l’équipe de coordination que nous proposons pour la réalisation de cette mission. Cette communauté sénégalaise composée par des AFRICTIVISTES ambitionne :

  • de promouvoir de la liberté d’accès, la création et la diffusion des connaissances.
  • de développer, soutenir et promouvoir des projets, des communautés et des outils qui favorisent et facilitent la création, l’accès et la diffusion des connaissances.
  • de faire campagne contre les restrictions à la fois juridiques et non juridiques sur la création, l’accès et la diffusion des connaissances.

 

Côte d’Ivoire: Les premiers acteurs de la collecte, de l’ouverture et de l’exploitation des données en Côte d’Ivoire sont à l’initiative du projet de Tiers Lieux OVillage. Cyriac Gbogou et Florent Youzan, fondateurs du célèbre tiers lieux et tous deux membres actifs du réseau AFRICTIVISTES seront des interlocuteurs et principaux acteurs pour soutenir les idées et l'innovation. Pour rappel, depuis l’adhésion de la Côte d’Ivoire à l’Open Government Partnership (OGP) le 28 octobre 2015 lors du Sommet Mondial du Partenariat pour un Gouvernement Ouvert au Mexique, des initiatives en matière d’accès et d’ouverture de données se sont multipliées.

C. Données ouvertes en Afrique : Engagement du réseau AFRICTIVISTES

 

Les AFRICTIVISTES se positionnent aujourd’hui comme le réseau le plus influent et le plus représentatif des web activistes sur le continent. Dans les pays membres, les Africitivistes agissent sur le terrain et par le biais du numérique pour promouvoir la transparence, la démocratie participative et la redevabilité. Les données ouvertes sont devenues un moyen incontournable pour le contrôle citoyen de l’action publique, pour la réforme de la gouvernance et l’innovation de nouveaux services numériques d'intérêt général.

 

À l’occasion de ce deuxième Sommet, une initiative africaine sur les données ouvertes sera lancée officiellement. Le projet Data.Africa et son volet renforcement de capacités Data School seront développés en marge du Sommet et lancés officiellement durant les travaux et en présence des invités représentants de gouvernement et d’institutions internationales.

  1. Le Sommet de Ouagadougou (juin 2018)

Le réseau Africtivistes est certes un contre pouvoir. Mais aussi, il est une force de proposition pour aider nos gouvernements et défendre les aspirations de la jeunesses africaine. Le sommet de Ouagadougou placé sous le thème: « De la Démocratie numérique en Afrique : Quel mécanisme de collaboration entre gouvernement et acteurs de la société civile ? »  sera l’occasion de valoriser les multiples initiatives citoyennes qui contribuent à l’efficacité des politiques publiques et d'amener les gouvernements à la collaboration et la co-construction. Il mettra un accent particulier sur le rôle et l’intérêt des différents acteurs à travailler ensemble pour relever les défis communs.  

 

Ce sommet sera également un espace de plaidoyer pour une gouvernance plus ouverte, transparente et redevable en Afrique. Il invitera et encouragera les citoyens à réutiliser les données publiques pour innover, accroître leur pouvoir de contrôle et de proposition.

  • Sujets de discussion

  1. Définition des mouvements portés par la jeunesse en Afrique : comment nous définissons-nous ? 

 

  • En 2010, des jeunes blogueurs ivoiriens portent le mouvement #CIV2010 pour une veille citoyenne et une assistance durant la période post-électorale marquée par la guerre civile.
  • Mouvements portés par la jeunesse et le Printemps arabe : quels sont les moteurs de notre engagement ? Qu'avons-nous réalisé ? Quels sont les éléments qui ont changé la donne ? Forces et faiblesses : rôle des mouvements portés par la jeunesse aujourd'hui? L'agenda relatif à la jeunesse est-il une priorité pour les nouveaux dirigeants ?  
  • Crise au Burkina Faso, le rôle de la mobilisation des jeunes dans le renversement du président Blaise Compaoré : enseignements tirés et situation actuelle (rôle et agenda relatif à la jeunesse) 
  • Rôle de Y'en A Marre dans l'action pour la protection de la Constitution et le combat pour des politiques alternatives de développement ; agenda relatif à la jeunesse au sein de l'administration de Macky Sall 
  • LUCHA et Filimbi : mouvements portés par les jeunes en République démocratique du Congo et crise constitutionnelle en 2016 à l'aube de la période électorale ; engagement de la LUCHA — Pourquoi ? Quelles sont les attentes et comment est perçu cet engagement par les autres groupes portés par les jeunes du pays ? 
  • Mouvements des jeunes [étudiants ?] en Afrique du Sud — combat pour un accès égal à l'éducation supérieure ; Quel est l'agenda de l'ANC/EFF/DA en ce qui concerne la jeunesse ? 




  1. Crise constitutionnelle en Afrique : les dirigeants africains contournent la Constitution pour se maintenir au pouvoir : quelles sont les motivations de ces dirigeants pour rester au pouvoir ? Quels sont les moyens efficaces de garantie d'un changement de régime sans aucune violence ? 

 

  • Réactions des gouvernements et de la société civile traditionnelle face aux jeunes qui s'organisent et protestent 
  • L'inaction de l'Union africaine et des organisations/organismes régionaux face aux questions concernant les jeunes en Afrique ; 

 

  1. Quelles sont les lois en vigueur ? Il est prévu une formation en sécurité et sur l'utilisation d'internet (sécurité et anonymat en ligne).

 

  • Démocratie et cyber activisme, l'importance d'internet et les lois existantes relatives à internet en Afrique

 

  1. L’importance de l’open data dans l’innovation de services d'intérêt général et le contrôle citoyen de l’action publique

 

  • Comment et pourquoi les activistes peuvent-ils s’engager dans la lutte contre la corruption?
  • Que signifie l'année de la lutte contre la corruption en Afrique pour les mouvements portés pars les jeunes ? 

 

  1. Les lanceurs d’alertes : nouvelles armées africaines pour le transparence et la bonne gouvernance ou mythe d’une nouvelle forme de journalisme en Afrique ?

 

  1. ONG et institutions internationales : Quels projets pour le renforcement de la démocratie en Afrique ?
  1. Les Objectifs

Créer un espace d'interaction et de collaboration entre les gouvernements, les institutions continentales et  les mouvements africains portés par la jeunesse.

Objectifs spécifiques

Créer pour les mouvements portés par la jeunesse un espace de partage d'expérience en matière d'activisme ainsi que des moteurs/inspirations de leur engagement. Il servira aussi à l'identification d'intérêts communs pour des initiatives conjointes. 

 

Construire un réseau coordonné de cyber activistes et d'autres jeunes activistes travaillant à la protection de la démocratie et de l'État de droit pour une solidarité renforcée et un soutien des pairs entre les mouvements portés par les jeunes. 

 

Cartographie et répertoire des initiatives ouvertes et de données ouvertes en Afrique.

 

Rédiger et adopter une stratégie de collaboration avec les gouvernements, la Commission de l'Union africaine et d'autres organismes régionaux.

 

  1. Quelles thématiques pour le Sommet

  • Participation citoyenne et engagement civique
  • Education
  • Informations et accès aux données publiques
  • Gouvernance participative
  • Dénonciation
  • Lutte contre la corruption et violation des droits humains.

 

  1. Les Résultats attendus

 

Renforcement de la solidarité entre les mouvements portés par les jeunes grâce au renforcement du soutien des campagnes des uns et des autres et des actions solidaires dans des cas individuels 

 

Établissement d'une coordination de l'activisme de la jeunesse africaine 

 

Maîtrise des membres de mouvements portés par les jeunes des moyens de sécurisation de leurs échanges en ligne et de protection de leurs données

 

Définition des moyens et stratégies de communication dans le cadre de l'activisme de la jeunesse africaine 

 

Conception et déploiement de la Plateforme Data.Africa

 

Définition d'une stratégie de collaboration des activistes avec les gouvernements, l'Union africaine ainsi que d'autres organismes régionaux 

 

Rédaction du Manifeste de la jeunesse unie 

  • Lancement de la Plateforme Data.Africa

 

Plusieurs initiatives locales, citoyennes ou institutionnelles pour la promotion et l’ouverture des données ont été lancées dans plusieurs pays en Afrique Francophone. Par manque d’interface unique et de répertoire, il est souvent difficile d’être au courant de l’existence de certains sites web dédiés ou d’activités réalisées ou en cours de réalisation. Un défaut de communication orienté limite aussi l’exploitation des jeux de données par les médias locaux et autres cibles indiquées.

 

Dans notre proposition, nous mettrons en place une plateforme africaine dénommée www.data.africa afin de documenter toutes les initiatives et tous les projets existants. Elle sera aussi l’interface pour agréger les derniers contenus publiés à travers les projets nationaux. Elle servira de base de données mais surtout d’un excellent outil pour communiquer sur les projets portés par les différents membres et acteurs de la communauté.

  • DataSchool et DataCamp : Organisation activités et événements pour renforcer la collaboration et les initiatives locales

 

AFRICTIVISTES compte diviser les pays francophones en deux zones pour l’organisations d’activités et d’événements dans la mise en oeuvre de ce projet. Le choix de cette division se justifie par la proximité relative entre ces pays . Les pays sont divisés comme suit:

 

  • Zone A : Niger, Bénin, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Guinée, Mali,  Sénégal, Togo, Mauritanie
  • Zone B : Gabon, République démocratique du Congo, République du Congo, Centrafrique, Cameroun, Tchad

 

DataSchool Libreville ( ZONE B) - Afrique Centrale

Les DataSchool sont des rendez-vous de formation et d’initiation à l’Open Data. Ils sont organisés pour le partage d’expérience mais surtout pour outiller les acteurs locaux à répondre aux questions de la connaissance, de la compréhension des enjeux, de la production et de l’intégration des données ouvertes dans leurs activités.

 

DataCamp Niger (ZONE A) - Afrique de l’Ouest

Le DataCamp est un rendez-vous autour des enjeux, de la collecte, de la production et de l’exploitation. C’est une occasion pour regrouper la communauté Africtivistes dans un pays où la problématique des données n’est pas encore posée. C’est ce qui justifie le choix porté sur le Niger. L’un des rares pays en Afrique de l’Ouest où les initiatives citoyennes sont quasi inexistantes. Aucun engagement, aucune implication et aucun projet sur les données. Le DataCamp se veut un espace de formation et aussi de production. C’est une session qui est sanctionnée par la mise en place d’un portail web open data avec la participation de la communauté locale. C’est aussi l’occasion de créer un premier réseau local sur les données ouvertes.

 

Le DataSchool à Libreville et le DataCamp à Niamey seront organisés durant le premier trimestre de la mise en oeuvre du projet.

 

Au-delà des deux activités régionales mentionnées ci-dessus, des événements nationaux seront organisés dans chacun des pays couverts à raison d’une activité présentielle d’une journée par trimestre - ce qui fait 4 événements présentielles par pays. Ces rencontres trimestrielles seront coordonnées par les points focaux pays AFRICTIVISTES.

  1. L’organisateur (AFRICTIVISTES)

La Ligue Africaine des Blogueurs et Cyber-activistes pour la Démocratie communément appelée AFRICTIVISTES est une association africaine de droit sénégalais. Elle est enregistrée au numéro N° 17857/MINTSP/DGAT/DLP/DLA-PA à Dakar où se trouve son siège. Africtivistes est l’union des blogueurs et web-activistes du continent pour promouvoir et défendre les valeurs démocratiques, les droits humains et la bonne gouvernance à travers le numérique.

 

AFRICTIVISTES a été créé en novembre 2015 en vue de mettre en réseau tous les acteurs du changement en Afrique pour apporter des solutions concrètes et idoines aux problèmes majeurs qui freinent le développement et l’unité du continent.

 

AFRICTIVISTES en tant qu’organisation dynamique élargie à l’ensemble des pays africains se focalise sur la "Consolidation de la démocratie" non seulement à l'échelle de chaque pays mais aussi et surtout à l’échelle continentale. Nous entendons par consolidation de la démocratie, toute action tendant vers une démocratie réelle, une démocratie participative, une cyberdémocratie, une E-gouvernance et l’ancrage effective de la culture démocratique dans nos pays respectifs.

 

AFRICTIVITES est une sentinelle de la démocratie dans tous les pays africains. À ce titre, la ligue est résolue à intervenir directement ou à faire des plaidoyers pour faire intervenir des acteurs dans les différents processus de changement politique et social. Elle mène et pilote des projets de développement et d'implication citoyenne dans les dispositifs démocratiques. Elle développe bien évidemment des stratégies visant à surveiller et faire surveiller les dirigeants politiques dans leurs actions et dans la réalisation de leurs promesses pour inciter à la transparence et à la bonne gouvernance. Elle est une vitrine de la citoyenneté augmentée en Afrique.

 

Les axes principaux d’intervention d’AFRICTIVISTES sont:

 

  • La démocratie participative
  • La bonne gouvernance
  • La transparence notamment les données ouvertes
  • Lutte contre la corruption
  • La culture de la paix
  • La cybersécurité

 

Nos valeurs en tant qu’AFRICTIVISTES

Les Africtivistes sont unis par des valeurs suivantes :

-    Nous nous engageons‎ à mener toutes nos activités dans le cadre légal.

-    Nous nous engageons pour le respect de la démocratie dans nos pays et en Afrique à travers une citoyenneté participative.

-    Nous renouvelons notre engagement pour une politique citoyenne non partisane.

-    Nous nous engageons à garantir des processus électoraux et démocratiques.

-    Nous nous engageons à accompagner les mouvements et initiatives de démocratie participative.

-    Nous réaffirmons notre engagement à promouvoir la bonne gouvernance, à renforcer la solidarité africaine et à défendre les droits humains.

Historique du réseau AFRICTIVISTES

La création de mouvements sociaux en Afrique en réponse à certaines violations des droits humains, la citoyenneté participative accrue et l'engagement civique et la solidarité spontanée de la jeunesse africaine en ligne ont déclenché la création d'un réseau panafricain - une nouvelle race de citoyens africains engagés pour le changement socio-démocrate. En fait, de nombreuses actions citoyennes ont été initiées, financées et menées à travers le continent par des citoyens.

En 2008, de jeunes Kenyans ont créé une application web appelée Ushahidi lors de la crise post-électorale. Elle a permis aux personnes vivant près des zones de conflit de visualiser les «endroits dangereux». L'application a depuis été utilisée partout dans le monde.

En 2010, les jeunes ivoiriens ont lancé #CIV2010 et #CIVSOCIAL, des hashtags correspondant à deux initiatives citoyennes pour relever les défis de la période électorale et pour faire face à la crise post-électorale.

En 2012, les blogueurs sénégalais sous #SUNU2012 ont couvert l'ensemble du processus électoral avec un nouveau système numérique de monitoring et d'observation des élections, empêchant ainsi la fraude et, dans une moindre mesure, la crise post-électorale. Cette observation électronique a été une percée dans la participation citoyenne en Afrique.

Le seul outil disponible pour les jeunes étaient les téléphones mobiles et leur plan était de prendre des photos des procès verbaux des résultats à chaque centre de comptage, alors qu'une application informait les résultats en temps réel et informait ainsi le grand public devançant les journalistes.

En 2012, les jeunes Ghanéens ont lancé #GhanaDecides une réponse à la participation des citoyens aux processus électoraux.

De 2012 à 2016, l'Afrique a connu plusieurs autres initiatives citoyennes: l'observation électronique des élections notamment #Vote229 au Bénin, #GuinéeVote en Guinée, le suivi de la réalisation des promesses électorales avec Mackimètre au Sénégal, Buharimetre au Nigéria, Présimètre au Burkina Faso, Lahidi en Guinée et Talonmètre au Bénin. Ces projets, excepté Mackimètre et Buharimetre,  sont portés par des membres du réseau AFRICTIVISTES.

Nous avons noté que les élections déclenchent très souvent des crises en Afrique. Avec les partis au pouvoir qui veulent s'accrocher et les partis d'opposition qui ont tendance à rejeter les résultats des élections, les militants, les blogueurs, les lanceurs d’alerte et les sources sont considérés par ces derniers comme les nouveaux «ennemis d'État» dans certains pays.

L’implication de ce nouveau type de citoyens, sentinels de la démocratie, dans le processus électoral, la gestion de l’Etat, la demande de redevabilité réconforte la notion d’une jeunesse africaine maître de son destin.

Au delà du domaine de la transparence, la bonne gouvernance et la reddition des comptes, AFRICTIVISTES mène aussi des activités de plaidoyer, de soutien aux communautés dont plusieurs ont porté des fruits. En voici quelques unes:

#FreeMakaila qui a évité l'extradition vers le Tchad du journaliste Makaila Nguebla par les autorités sénégalaises et son expulsion en Guinée où la communauté s'est mobilisée pour l'accueillir avant d’obtenir l’asile en France.

#GiveUsTheSerum dénonçant le fait que le serum contre Ebola n’ait été disponible que pour les personnes infectées de nationalités occidentales alors que de centaines de personnes étaient déjà infectés et certains morts du virus Ebola au Liberia, en Guinée et en Sierra Leone.

#FreeSanna appelant les autorités gambiennes à ne pas inculper le journaliste Sanna Camara pour avoir publié des articles sur le trafic d'êtres humains.

#FreeSait demandant la libération de l’activiste Sait Matty Jaw dont le seul tort avait été de préparer la réalisation enquête d’opinion en Gambie.

#Juste1Pourcent pour que les députés au Burkina Faso votent un nouveau Code minier qui oblige les entreprises minière à payer 1% de leurs revenus bruts dans un fonds de développement local.

Aujourd’hui, nous avons lancé un vaste programme de formation destiné aux acteurs des médias de la société civile et aux journalistes professionnels. Un programme de formation en CyberSécurité pour outiller 500 participants des 10 pays de l’Afrique de l’Ouest. Afrique Média CyberSécurité a été lancé ce 17 juillet 2017 à Conakry. Il couvrira les quatre autres pays restants (Côte d'Ivoire, Mali, Bénin et Togo) pour clôturer la première édition de ce programme avant le Sommet de Ouagadougou en juin 2018.

La création d'AFRICTIVISTES a démontré l'importance de se connecter physiquement dans l’optique de fédérer les diverses expertises des membres et renforcer les actions communes offline,  après avoir maintenu des liens solides en ligne pendant des années pour contribuer à la création d’une Afrique meilleure et démocratique.