QUELLE PLACE POUR LA JEUNESSE AFRICAINE DANS LE DÉVELOPPEMENT DU CONTINENT: AfricTivistes donne la parole aux jeunes acteurs de changement

Un premier webinaire a été organisé le mercredi 18 novembre 2020 avec des jeunes acteurs de changement choisi dans le cadre de la Cartographie des initiatives de jeunes contre l'impact de la Covid-19. Ils se sont exprimés de long en large sur la place que doit occuper la jeunesse africaine dans le développement du continent.

Il ne manque pas de jeunes africains disposés à changer les paradigmes qui freinent l’expansion du continent. Bénédicte Joan, Boubou Sangho et Joud Issoud en sont les preuves vivantes. Mercredi mercredi 18 novembre dernier, lors du premier webinaire organisé dans le cadre de la cartographie des initiatives de jeunes contre l’impact de la Covid-19, ces jeunes venus respectivement de la Côte d’Ivoire, du Mali et du Niger ont animé ce premier débat, modéré par le chargé de programme à Africtivistes Seydina M. Ndiaye, autour du thème : « quelle place pour la jeunesse africaine dans le développement du continent.»

Côte d’Ivoire: Bénédicte Joan loue l'activisme sur les réseaux sociaux contre les violences faites aux femmes en pleine crise sanitaire

Le débat a été ouvert par Bénédicte Joan, fondatrice de TTWFA (Train & Travel with Women For Africa), une association qui promeut l’entrepreneuriat au féminin, en Afrique, à travers des voyages d’étude. Dans son discours, la jeune ivoirienne s’est épanchée sur l’impact de l’activisme dans son pays contre les violences faites aux femmes notamment en période de Covid-19. Selon elle, le couvre-feu a apporté une sorte de conversation sur les réseaux sociaux. D’aucuns ont commencé à dénoncer via internet le fait que les femmes soient battues par leurs maris. «Beaucoup de jeunes hommes ont commencé à dire que les femmes ne devraient pas être traitées de la sorte et qu’on devrait les protéger», a soutenu Bénédicte Joan. En plus, dit-elle, des jeunes filles ont tenté de conscientiser les gens via les réseaux sociaux sur ces violences. Une manière également, ajoute-t-elle, de libérer la parole des femmes pour dénoncer et aller même au-delà porter plainte contre les auteurs de ces faits répréhensibles.

 

Mali: Booubou Sangho explique comment Covid-19 a mis en avant le génie de la jeunesse dans son pays

Boubou Sangho est un jeune entrepreneur malien, détenteur d’une maîtrise en droit des affaires à l’université des Sciences Juridiques et Politiques de Bamako. Il est le CEO de «Boubou Lait» qui est une unité de transformation et de conservation de lait frais local en d’autres sous-produits. Il est aussi le chef de projet de l’organisation « Les leaders de demain », une organisation qui œuvre pour la formation des jeunes sur le leadership, l'entrepreneuriat et le développement personnel. Dans son intervention mercredi 18 novembre 2020, il a fait état de nombreuses solutions créées par les jeunes de son pays pour faire face à la pandémie du nouveau coronavirus. Il en est ainsi, dit-il, des machines de lavage des mains, des portiques de désinfection, des respirateurs artificiels, des applications mobiles qui fonctionnent sans connexion internet et en langues nationales, sans compter le fait de distiller couramment des informations essentielles sur la Covid-19. «C’est vrai qu’on ne peut nullement se réjouir de cette pandémie ; mais cela a été une occasion pour les jeunes africains et maliens en particulier de montrer leur savoir-faire », a indiqué Boubou Sangho. Il a aussi appelé  à faire plus de plaidoyer dans le domaine de l’entrepreneuriat; non sans informer de l’existence d’un document soumis à l’Assemblée nationale qui renferme des propositions sur comment aider les jeunes à mieux entreprendre et mettre en place un fonds de soutien destiné aux jeunes maliens.

 

Niger: Joud Issouf parle des défis liés à l’éducation dans un pays où le taux d’alphabétisation est de moins de 20%

Joud Issouf est une jeune femme d’affaires basée à Niamey exerçant dans le domaine de la consultation Business et de l’Interprétariat/ Traduction. Au nom de son entreprise «Global J Services», en partenariat avec l’ONG «REINES DAURA», elle apporte son soutien moral et scolaire aux jeunes filles parrainées par l’organisation, en leur offrant des cours d’Anglais gratuits pour les aider à diversifier leurs compétences. Elle est très active dans les campagnes de scolarisation des jeunes filles et la lutte contre le mariage forcé et le mariage précoce au Niger. Dans son discours lors du webinaire consacré à la place de la jeunesse africaine dans le développement du continent , Joud Issouf s’est d’emblée réjoui de la gestion de la pandémie Covid-19 en Afrique. Selon elle, la façon dont les jeunes se sont impliqués au début de la crise sanitaire montre que l’Afrique est le continent de l’avenir. Et parmi les initiatives qui l’ont marqué le plus dans son pays, il y a celle d’une association de jeunes filles qui a appris à produire des gels antiseptiques, et à fabriquer des masques.

Toutefois, elle estime que de façon globale, les défis sont énormes. Elle appelle ainsi à éduquer davantage toutes les couches dans toutes les communautés. D’autant plus qu’en pleine crise de Covid-19, précise-t-elle, il fallait apprendre à certaines personnes dans son pays comment se laver les mains et comment utiliser les masques ? «Il y avait aussi beaucoup de fake-news notamment sur l’efficacité de la chloroquine. Des gens ont même commencé à prendre la chloroquine sans que cela ne soit conseillé par les médecins », a-t-elle laissé entendre.

Parlant de politique, Joud Issouf a rappelé que bientôt qu’il y aura une élection présidentielle au Niger. Et d’après elle, il faudrait un homme comme Seyni Kountché, le deuxième président de la République du Niger après les indépendances, pour réaliser les aspirations de développement du pays. Joud Issouf ne supporte pas le fait qu’au Niger les investissements soient uniquement mis dans le domaine des infrastructures au détriment de choses plus essentielles comme l’éducation. Elle déplore que le taux de l’alphabétisation soit en deçà de 20% dans son pays. «C’est médiocre », renchérit-elle.  D’après Joud Issouf, tant que ces genres de problèmes ne seront pas réglés, «on a beau avoir des entrepreneurs, des volontaires, des travailleurs sociaux, mais on n’ira pas loin». Selon elle, le prochain Président du Niger en 2021 devrait être un dictateur au sens positif du terme ; non sans rappeler le Président Seyni Kountché qui, à son époque, effectuait des visites inopinées dans l’administration pour voir qui est à son poste et qui ne l’est pas. Mais, se désole-t-elle, « de nos jours, à 10 heures, vous trouvez un fonctionnaire de l’Etat dans la rue en train de manger de la viande grillée. Il faut un dictateur qui impose le respect des lois et la rigueur professionnelle». Elle pense également qu’on devrait aussi donner plus de la place à la femme dans la société et les instances de décision au Niger. «Il y a une discrimination envers les femmes. Elles ne sont pas suffisamment représentées dans le gouvernement. Je prépare d’ailleurs un roman qui sera un cri de cœur par rapport à la place réservée à la femme au Niger », annonce-t-elle.

QUELLE PLACE POUR LA JEUNESSE AFRICAINE DANS LE DÉVELOPPEMENT DU CONTINENT: AfricTivistes donne la parole aux jeunes acteurs de changement

QUELLE PLACE POUR LA JEUNESSE AFRICAINE DANS LE DÉVELOPPEMENT DU CONTINENT: AfricTivistes donne la parole aux jeunes acteurs de changement

Un premier webinaire a été organisé le mercredi 18 novembre 2020 avec des jeunes acteurs de changement choisi dans le cadre de la Cartographie des initiatives de jeunes contre l'impact de la Covid-19. Ils se sont exprimés de long en large sur la place que doit occuper la jeunesse africaine dans le développement du continent.

Il ne manque pas de jeunes africains disposés à changer les paradigmes qui freinent l’expansion du continent. Bénédicte Joan, Boubou Sangho et Joud Issoud en sont les preuves vivantes. Mercredi mercredi 18 novembre dernier, lors du premier webinaire organisé dans le cadre de la cartographie des initiatives de jeunes contre l’impact de la Covid-19, ces jeunes venus respectivement de la Côte d’Ivoire, du Mali et du Niger ont animé ce premier débat, modéré par le chargé de programme à Africtivistes Seydina M. Ndiaye, autour du thème : « quelle place pour la jeunesse africaine dans le développement du continent.»

Côte d’Ivoire: Bénédicte Joan loue l'activisme sur les réseaux sociaux contre les violences faites aux femmes en pleine crise sanitaire

Le débat a été ouvert par Bénédicte Joan, fondatrice de TTWFA (Train & Travel with Women For Africa), une association qui promeut l’entrepreneuriat au féminin, en Afrique, à travers des voyages d’étude. Dans son discours, la jeune ivoirienne s’est épanchée sur l’impact de l’activisme dans son pays contre les violences faites aux femmes notamment en période de Covid-19. Selon elle, le couvre-feu a apporté une sorte de conversation sur les réseaux sociaux. D’aucuns ont commencé à dénoncer via internet le fait que les femmes soient battues par leurs maris. «Beaucoup de jeunes hommes ont commencé à dire que les femmes ne devraient pas être traitées de la sorte et qu’on devrait les protéger», a soutenu Bénédicte Joan. En plus, dit-elle, des jeunes filles ont tenté de conscientiser les gens via les réseaux sociaux sur ces violences. Une manière également, ajoute-t-elle, de libérer la parole des femmes pour dénoncer et aller même au-delà porter plainte contre les auteurs de ces faits répréhensibles.

 

Mali: Booubou Sangho explique comment Covid-19 a mis en avant le génie de la jeunesse dans son pays

Boubou Sangho est un jeune entrepreneur malien, détenteur d’une maîtrise en droit des affaires à l’université des Sciences Juridiques et Politiques de Bamako. Il est le CEO de «Boubou Lait» qui est une unité de transformation et de conservation de lait frais local en d’autres sous-produits. Il est aussi le chef de projet de l’organisation « Les leaders de demain », une organisation qui œuvre pour la formation des jeunes sur le leadership, l'entrepreneuriat et le développement personnel. Dans son intervention mercredi 18 novembre 2020, il a fait état de nombreuses solutions créées par les jeunes de son pays pour faire face à la pandémie du nouveau coronavirus. Il en est ainsi, dit-il, des machines de lavage des mains, des portiques de désinfection, des respirateurs artificiels, des applications mobiles qui fonctionnent sans connexion internet et en langues nationales, sans compter le fait de distiller couramment des informations essentielles sur la Covid-19. «C’est vrai qu’on ne peut nullement se réjouir de cette pandémie ; mais cela a été une occasion pour les jeunes africains et maliens en particulier de montrer leur savoir-faire », a indiqué Boubou Sangho. Il a aussi appelé  à faire plus de plaidoyer dans le domaine de l’entrepreneuriat; non sans informer de l’existence d’un document soumis à l’Assemblée nationale qui renferme des propositions sur comment aider les jeunes à mieux entreprendre et mettre en place un fonds de soutien destiné aux jeunes maliens.

 

Niger: Joud Issouf parle des défis liés à l’éducation dans un pays où le taux d’alphabétisation est de moins de 20%

Joud Issouf est une jeune femme d’affaires basée à Niamey exerçant dans le domaine de la consultation Business et de l’Interprétariat/ Traduction. Au nom de son entreprise «Global J Services», en partenariat avec l’ONG «REINES DAURA», elle apporte son soutien moral et scolaire aux jeunes filles parrainées par l’organisation, en leur offrant des cours d’Anglais gratuits pour les aider à diversifier leurs compétences. Elle est très active dans les campagnes de scolarisation des jeunes filles et la lutte contre le mariage forcé et le mariage précoce au Niger. Dans son discours lors du webinaire consacré à la place de la jeunesse africaine dans le développement du continent , Joud Issouf s’est d’emblée réjoui de la gestion de la pandémie Covid-19 en Afrique. Selon elle, la façon dont les jeunes se sont impliqués au début de la crise sanitaire montre que l’Afrique est le continent de l’avenir. Et parmi les initiatives qui l’ont marqué le plus dans son pays, il y a celle d’une association de jeunes filles qui a appris à produire des gels antiseptiques, et à fabriquer des masques.

Toutefois, elle estime que de façon globale, les défis sont énormes. Elle appelle ainsi à éduquer davantage toutes les couches dans toutes les communautés. D’autant plus qu’en pleine crise de Covid-19, précise-t-elle, il fallait apprendre à certaines personnes dans son pays comment se laver les mains et comment utiliser les masques ? «Il y avait aussi beaucoup de fake-news notamment sur l’efficacité de la chloroquine. Des gens ont même commencé à prendre la chloroquine sans que cela ne soit conseillé par les médecins », a-t-elle laissé entendre.

Parlant de politique, Joud Issouf a rappelé que bientôt qu’il y aura une élection présidentielle au Niger. Et d’après elle, il faudrait un homme comme Seyni Kountché, le deuxième président de la République du Niger après les indépendances, pour réaliser les aspirations de développement du pays. Joud Issouf ne supporte pas le fait qu’au Niger les investissements soient uniquement mis dans le domaine des infrastructures au détriment de choses plus essentielles comme l’éducation. Elle déplore que le taux de l’alphabétisation soit en deçà de 20% dans son pays. «C’est médiocre », renchérit-elle.  D’après Joud Issouf, tant que ces genres de problèmes ne seront pas réglés, «on a beau avoir des entrepreneurs, des volontaires, des travailleurs sociaux, mais on n’ira pas loin». Selon elle, le prochain Président du Niger en 2021 devrait être un dictateur au sens positif du terme ; non sans rappeler le Président Seyni Kountché qui, à son époque, effectuait des visites inopinées dans l’administration pour voir qui est à son poste et qui ne l’est pas. Mais, se désole-t-elle, « de nos jours, à 10 heures, vous trouvez un fonctionnaire de l’Etat dans la rue en train de manger de la viande grillée. Il faut un dictateur qui impose le respect des lois et la rigueur professionnelle». Elle pense également qu’on devrait aussi donner plus de la place à la femme dans la société et les instances de décision au Niger. «Il y a une discrimination envers les femmes. Elles ne sont pas suffisamment représentées dans le gouvernement. Je prépare d’ailleurs un roman qui sera un cri de cœur par rapport à la place réservée à la femme au Niger », annonce-t-elle.